Courage, fuyons !

Où l’on découvre un artiste qui prend ses cliques et ses claques.

Octobre 1608. Le Caravage est en fuite ! Le peintre quitte Malte dans le plus grand secret...




Quinze mois plus tôt, c’était pourtant là qu’il avait trouvé refuge. L’île lui semblait être le lieu idéal pour échapper à la justice : Le Caravage est alors poursuivi pour un meurtre commis à Rome.





Le Caravage, Saint Jérôme écrivant

1607-1608, Musée de la Co-cathédrale Saint-Jean, La Valette (Malte)

Et il n’a pas eu tort, les chevaliers de l’ordre maltais lui ont déroulé le tapis rouge malgré son passé. L’arrivée du célèbre artiste est une aubaine pour eux ! En effet, Le Caravage pourrait ainsi décorer leur église, dédiée à saint Jean-Baptiste.

Le Caravage est donc protégé et fait chevalier. En guise de remerciement, il réalise deux œuvres pour le fameux édifice, dont La Décollation de saint Jean-Baptiste. On y voit le pauvre saint en train de se faire décapiter. L’artiste montre toute sa virtuosité avec un clair-obscur intense et des corps aux muscles réalistes. Il en profite pour signer l’œuvre, dans le sang de Jean-Baptiste, comme une manière de demander pardon...

Survolez l'image pour voir la signature de l'artiste

Le Caravage, Décollation de saint Jean-Baptiste,

1608, huile sur toile, co-cathédrale Saint-Jean, La Valette, Malte


Mais ses problèmes le rattrapent : Le Caravage, décidément irrécupérable, se trouve mêlé à une rixe et menacé d’un procès. Pas question pour lui de répondre de ses crimes. Voilà pourquoi il a préféré fuir...




Les chevaliers devront attendre plus de cinquante ans pour avoir un nouveau peintre de renom sous la main. C’est un autre Italien, Mattia Preti, qui est chargé d’entreprendre le décor de la fameuse église, devenue depuis la co-cathédrale Saint-Jean. On peut d’ailleurs admirer ses fresques époustouflantes sur la voûte au milieu d’ornements en or et en marbre.


Et ce n’est pas tout : la splendide co-cathédrale sert toujours d’écrin aux tableaux du fameux Caravage. L’un de ces chefs-d’œuvre est aujourd’hui exposé dans l’oratoire de l’édifice, alors que l’autre est chouchouté dans le musée attenant.

Mattia Preti, La Prédication de saint Jean-Baptiste, (détail de l’autoportrait de l'artiste),

vers 1672, église de San Domenico, Taverna, Calabre (Italie)