Qu’île l’eut cru !

Où l’on rencontre un petit animal qui nous fait de grandes révélations.

Grotte de Għar Dalam, Malte

1865. Le paléontologue italien Arturo Issel débarque à Malte avec une idée bien précise en tête : trouver des traces de l’Homme de Néandertal sur l’île. Au cours de l’une de ses excursions, il tombe sur la grotte de Għar Dalam, utilisée comme enclos à bétail. Issel est cependant persuadé qu’il faut y mener des fouilles.

Après avoir creusé un profond fossé avec son équipe, il tombe enfin sur… un os ! Son excitation n’est cependant que de courte durée, car il s’agit d’un reste d’hippopotame, ce qui l’intéresse peu.

Celui-ci sera tout de même analysé, tout comme d’autres fossiles découverts à Għar Dalam. La conclusion tombe : il s’agit d’espèces continentales. Mais, comment ces animaux ont-ils pu rejoindre l’île depuis le continent européen ? Ça fait quand même une sacrée distance à la nage !

À force de recherches, une hypothèse émerge : à l’époque, il y a plus de 500 000 ans, Malte n’était justement pas une île, pas plus que la Sicile d’ailleurs. Un bras de terre les reliait toutes les deux au continent européen. Ainsi, les animaux ont pu tout simplement marcher jusque Malte, lorsqu’ils fuyaient le froid du nord de l’Europe pendant une période glaciaire.

Plus tard, le climat s’est réchauffé et les eaux sont montées. Certaines espèces, alors prises au piège, ont commencé à rapetisser en raison du manque de nourriture. C’était le cas de l’hippopotame nain, à qui appartenait l’os découvert par notre chercheur.

Aujourd’hui, dans le musée de Għar Dalam attenant à la grotte, on rend hommage à ces animaux, mais aussi aux archéologues qui se sont succédés au fil des années dans la caverne. Ces derniers ont finalement trouvé là les traces les plus anciennes de présence humaine à Malte. L’intuition d’Issel était donc la bonne !

Hippopotame nain de Malte, Hippopotamus melitensis